Une association née de l'urgence
Depuis les années 1990, nous veillons sur les dernières gabares, pinasses et yoles girondines — non pas derrière une vitre, mais sur l'eau, sous le vent d'estuaire.
La Sauvegarde du Patrimoine Maritime Girondin est une association loi 1901 dont le siège se trouve en bord d'estuaire, à portée de marée. Nous gérons un chantier naval associatif où cohabitent en permanence plusieurs navires à des stades différents de restauration : une gabare à fond plat démontée jusqu'à sa membrure, une pinasse arcachonnaise dont on refait le bordé tribord, un canot de garde-pêche que l'on réarme pour la saison des rassemblements. L'atelier sent le brai chaud, la sciure de chêne et le lin bouilli. Ce sont des odeurs de vérité.
Notre fonctionnement repose entièrement sur l'engagement de nos membres et le soutien de nos partenaires institutionnels — Région Nouvelle-Aquitaine, Département de la Gironde, communes riveraines et Fondation du Patrimoine. Nous n'avons pas de collection figée derrière une vitre : nous avons une flottille qui navigue, des bénévoles qui apprennent, et un réseau de professionnels — charpentiers, calfats, voiliers, forgerons — qui transmettent des gestes que l'industrie moderne a presque effacés.
Au fil des années, l'association a tissé des liens étroits avec les autres gardiens du patrimoine nautique du grand Sud-Ouest : le Musée de la Marine de Bordeaux, les associations de la côte basque, les conservatoires bretons, mais aussi les communautés de pêcheurs traditionnels du Médoc et de l'Entre-deux-Mers. Cette intelligence collective nous permet d'aborder chaque restauration avec les ressources documentaires et humaines qu'elle mérite.
Tout a commencé dans les années 1990, quand plusieurs anciens marins du port de Blaye et quelques passionnés d'histoire locale ont vu les dernières gabares girondines pourrir sur les berges, abandonnées dès que le transport fluvial s'était effondré. Il y avait une urgence : dans dix ans, il ne resterait plus rien, même pas les plans, même pas les gabarits.
Un premier chantier de sauvetage a été monté dans une grange au bord de la Dordogne, avec des outils prêtés, des weekends entiers passés à décaper et à documenter. Ce premier bateau remis à l'eau — une barquette de pêcheur de 7 mètres — a rassemblé une centaine de curieux sur le quai. Ils ont compris alors que le patrimoine maritime n'était pas une affaire de spécialistes : c'était l'affaire de tous ceux qui vivent près du fleuve.
Depuis, l'association a grandi prudemment, toujours en prenant soin de ne pas dépasser ses capacités réelles. Nous n'avons jamais voulu créer un musée de plus ni un festival de trop : nous voulions maintenir des savoir-faire vivants, former des gens, faire naviguer de vrais bateaux sur un vrai fleuve.
Cette philosophie du concret, du durable et du transmissible reste aujourd'hui notre boussole.
« Le patrimoine maritime n'était pas une affaire de spécialistes : c'était l'affaire de tous ceux qui vivent près du fleuve. »
— Fondateurs de l'association, années 1990La Sauvegarde du Patrimoine Maritime Girondin a pour mission de restaurer, préserver et valoriser les navires traditionnels de la Gironde et de l'estuaire girondin dans toute leur diversité — gabares, pinasses, yoles, bateaux de pêche, embarcations de service — en maintenant vivantes les techniques de construction et d'entretien qui leur sont propres. Nous agissons comme chantier naval associatif, comme centre de formation informelle, comme acteur culturel et comme interface entre les communautés riveraines et leur héritage nautique. Notre conviction profonde est qu'un navire traditionnel n'a de sens que navigant : nous nous y tenons à chaque saison, à chaque marée.
Le conseil d'administration de l'association rassemble des profils complémentaires — marins, artisans, historiens, gestionnaires — qui partagent une même exigence : que le travail soit bien fait, que les fonds soient gérés avec rigueur et que chaque bénévole se sente à sa place sur le chantier. Aux côtés du bureau, une équipe de référents techniques assure la continuité des chantiers semaine après semaine. Ce sont eux qui détiennent la mémoire des navires, qui savent d'où vient chaque planche et pourquoi tel assemblage a été choisi plutôt qu'un autre.
Jean-Pierre Lacoste
Président
Marie-Hélène Dubourg
Trésorière
François Berthelot
Secrétaire & Responsable technique
Le fleuve a besoin de mémoire — et de vos mains.
Nous contacter